Batman : la trilogie du Dark Knight6 min read

Batman est un des héros les plus populaires de l’histoire des comics américains. Et cela s’explique par de nombreuses raisons : il n’a aucun pouvoir ce qui fait que l’identification au personnage est très forte, son passé très sombre déploie une forte empathie pour cet homme richissime qui fait de son traumatisme juvénile une source de motivation pour aider son prochain.

The Dark Knight a poussé Keaton, Kilmer et Clooney au rang de pitres

Le Chevalier noir, surnom officialisé par la plume du génialissime Frank Miller (père des comics 300 ou Sin City et plus récemment réalisateur de ce dernier au cinéma), tient sa forte popularité auprès des fans de l’image qu’il renvoie. L’homme qui décide de faire de la nuit son alliée, outrepasse ses propres peurs, qui lutte avec la part d’ombre qu’il a en lui comme tout le monde.

Et si la série a eu de nombreuses adaptations plus ou moins réussies (non je ne parle pas des deux bouses inter-sidérales que nous a pondu Joel Schumacher qui est devenu officiellement le pire ennemi de Batman devant le Joker), ici je souhaite plutôt parler de la dernière trilogie de Nolan qui représente à ce jour l’oeuvre la plus réussie sur notre justicier masqué préféré.

Christopher Nolan est un réalisateur brillant on le savait déjà, mais lorsqu’il a repris la licence Batman personne ne pouvait imaginer qu’il ferait de sa trilogie une oeuvre digne du Panthéon des films geeks.

Et cela pourrait presque se résumer en un mot : réalisme

La force de ses films vient de l’orientation crédible de l’histoire.
Des trois films les méchants n’ont pas de super-pouvoirs, ils se rapprochent plus à de véritables terroristes, avec un fort penchant pour le sadisme certes, qu’aux super-vilains habituels des versions papiers. L’épouvantail est simplement un homme qui perdra la raison en ingérant à trop fortes doses sa drogue hallucinogène. Le Joker (brillamment interprété par le regretté Heath Ledger) est un sociopathe qui veut simplement amener le chaos à Gotham. Bane n’est pas un catcheur ayant subi des expérimentations militaires faisant de lui un monstre dépendant d’une drogue lui donnant une force surhumaine mais simplement un homme ayant une force supérieur à la moyenne doublé d’un terroriste impitoyable…
Bref des hommes mauvais et ayant de gros problèmes psychiatriques qui pourraient réellement exister dans le monde ! (Musique terrifiante)
De même le ton dramatique employé nuance grandement le film en lui apportant une base de réflexion philosophique entre les scènes d’actions explosives. Un film de (super)héros qui fait réfléchir, on était pas vraiment habitué et grand dieu que c’est bon !

Why so serious ??

Autre aspect qui suit cet idée de réalisme assumé, l’interprétation des personnages par les acteurs se démarque exprès de l’image qu’avait donné la BD. Prenons simplement le personnage du Joker dans le Batman de Burton et celui de Nolan : la différence est plus que flagrante.
Dans le premier Batman réalisé par le génie excentrique Tim Burton, Jack Nicholson semble constamment surjouer le pire ennemi du chevalier noir, donnant un aspect limite cartoon au film. Bien sur il faut nuancer le propos, rien qu’à voir la direction artistique, on comprend que Burton fait une véritable transposition de l’univers de la BD avec une réussite visuelle indéniable. Mais gesticuler constamment n’est pas la meilleure manière de jouer la folie…
De l’autre côté Heath Ledger va jouer un joker certes tout aussi dérangé, mais dévoilera un véritable sociopathe qui n’a qu’un but : être le nemesis du héros de Gotham plongée dans le chaos. Ici le jeu est d’une justesse parfaite qu’elle offrira à l’acteur un Oscar à titre posthume, preuve de la qualité du film ! La scène de l’interrogatoire dans le commissariat en est un exemple parfait. L’interprétation sera tellement poussée que beaucoup de rumeurs écloront suite au suicide de l’acteur estimant qu’il n’a pu sortir de la peau du personnage qu’il avait crée.

En ce qui concerne le héros de la trilogie, son évolution est aussi très intéressante. On passe d’un homme déterminé à inspirer et redonner de l’espoir aux gens de Gotham à celui d’un héros meurtri par la mort de son grand amour qui ne voit en sa quête que sa fin certaine. Christian Bale toujours aussi bon est un Bruce Wayne dévoré par ses propres démons et le rend encore plus humain que ses prédécesseurs. Il faut dire qu’entre un Michael Keaton aussi expressif qu’une boite de haricots une fois le costume enfilé et un Georges Clooney qui semble vouloir faire du stand-up à la gay pride il n’est pas dur d’apprécier cette nouvelle version.

Une des voitures sort tout droit de la gay pride je vous laisse deviner laquelle…

Mais qu’en est-il de Batman dans tout ça ? Un peu comme pour le reboot salutaire de la série James Bond, tout ce qui rendait l’univers ringard et limite abusé est viré. La tenue du Dark Knight a été revisité et enfin Batman quitte l’univers sadomasochiste du latex pour un costume en kevlar qui lui donne un aspect plus “brutal” et légitime la résistance au balle.
L’intelligence du récit vient du fait qu’ici les gadgets bien connus de la panoplie du l’homme chauve-souris sont amené de manière logique. Fini donc la Bat-ceinture qui, comme de par hasard…, a le gadget convenant parfaitement à la situation hyper spécifique à laquelle Batman est confronté… Putain que ça fait du bien de la cohérence ! De tous le meilleur exemple est celui de la Batmobile, véhicule emblématique de la série. Son origine en plus d’être expliqué dans le premier volet cautionne la plupart des gadgets qu’elle intègre. Et pour une fois, Batman utilise des armes à feu mais pas pour tuer bien sur. De plus son design est dans l’esprit de celui du costume : plus sombre et plus violent. Les antipodes de celle de Clooney qui semblait sortir tout droit d’un salon de tuning du Nord de la France avec ses lumières bleues flashy hyper discrètes… Rappelons tout de même que la force du Dark Knight est de pouvoir se fondre dans l’obscurité.

Que dire de plus ??? Le reste ne se raconte pas, il se vit, se regarde donc si vous n’avez toujours pas vu ces 3 films, je vous invite à vous procurer les dvd ou Bluray des deux premiers et attendre la sortie prochaine de la conclusion de la trilogie pour découvrir la meilleure oeuvre cinématographie inspiré de l’univers DC Comics jamais réalisée.

Monkey D Kito, blogueur de niveau 1

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