Ghostbusters (2016) – Surtout ne les appelez pas !6 min read

Ghostbusters fait office d’oeuvre de référence dans la cinématographie geek aux côtés de Retour vers le Futur ou Star Wars… Lorsque l’on a appris la sortie d’un nouveau film et la présence de Bill Murray & Dan Aykroyd, beaucoup d’espoir et d’excitation a émergé auprès des fans qui espéraient un film retour au source du premier épisode, le plus réussi.

 

Le premier hic concernant le film est apparu lorsque le casting a été dévoilé et que l’on troquait nos chasseurs de fantômes pour des chasseuses. Bien sûr, cela n’était pas du tout justifié et seule une minorité de gros machos se faisaient le plus entendre sur les réseaux sociaux. Malheureusement, ces trolls du web ont eu raison de ce choix plus marketing qu’artistique.

Synopsis : Erin et Abby écrivent ensemble un livre sur des phénomènes paranormaux. Mais l’ouvrage n’ayant aucun succès, elles tentent de reprendre une vie normale. Des années plus tard, les deux femmes renouent quand leur œuvre est sur le point d’être rééditée. Devenue une enseignante respectée, Erin ne veut plus en entendre parler. Pour annuler la publication, elle accepte d’aider sur Abby, qui travaille maintenant avec Jillian, sur une enquête paranormale. Là, elles sont confrontées à un fantôme. Elles décident alors de créer une agence de détectives spécialisée et tentent de développer des armes pour lutter contre l’invasion d’esprits qui se prépare…

Casting : Melissa McCarthy, Kirsten Wiig, Leslie Jones, Kate McKinnon, Chris Hemsworth, Neil Casey

Une bouse ectoplasmique

Bon allons droit au but : ce film est tout simplement raté.

Mais attardons sur les maigres points positifs. Visuellement, le film est réussi, on ne peut pas le nier. Les ectoplasmes sont bien rendus, les couleurs flashy rendent très bien dans ces apparitions fantasmagoriques. Certains d’entre eux sont presque flippant (en particulier celui du métro). La musique est plutôt bien choisie aussi avec, bien sur, l’utilisation du thème des films originaux. Et voilà c’est principalement ce qu’il y a de positif dans le film.

Le méchant du film interprété par l’inconnu Neil Casey est quant à lui une surprise. Même s’il n’est pas très charismatique, et heureusement son rôle en est aux antipodes. Il campe un méchant très creepy et crédible vu son plan de relâcher des vaporeux de niveau 5 ou plus pour dominer le monde.

Maintenant expliquons pourquoi il est si mauvais !

Une pale copie féminine de l’équipe originale

En premier lieu, il ne s’agit pas du tout d’une erreur de casting en optant pour une équipe féminine, ce n’est pas ça qui l’explique. Le souci est au niveau de l’écriture des personnages et de leurs rôles dans ce film. Des 4 actrices, seules Melissa McCarthy et Lesly Jones s’en sortent honorablement.

La première est un pendant très juste et sobre du personnage de Dan Aykroyd dans la saga originale tandis que Jones reprend le rôle (du quota diversité) d’Ernie Hudson en apportant plus de corps au personnage avec un maîtrise de l’ensemble des mythes urbains de la ville de New York.

Le reste de l’équipe est indigeste avec Kirsten Wiig qui en fait des caisses en tant que pendant nymphomane et  lourdingue du Dr Peter Venkman. Bill Murray était lourd aussi avec la gente féminine mais il avait ce côté je m’en foutiste qui lui permettait de passer pour un séducteur là où Kirsten Wiig passe pour une chienne en chaleur devant l’apollon qu’est l’interprète de Thor.

Kate McKinnon est le savant fou de l’équipe, un peu à l’instar du génial et regretté Harold Ramis mais trop poussée dans la folie, à la limite de la sociopathe….

Pour finir, que dire du rôle de Chris Hemsworth, qui incarne un secrétaire bellâtre et tellement débile que les gags autour de lui ne font jamais mouche.

Quand un fantôme cuit des pâtes, il attend que l’eau BOUH !

Justement, le principal problème du film est autour de ses gags, aucun ne marchent. Là ou la patte d’Aykroyd & Ramis savait brillamment doser l’humour et était construite autour de ses acteurs pour les rendre savoureux et débile (dans le bon sens du terme), ceux de la version 2016 sont justes trop lourds.

Soit les acteurs doivent tellement les enchaîner que le tout s’essouffle soit ils sont juste pas drôles du tout…  Sachant que le film dure 2h, le finir devient vraiment éprouvant. Concernant la longueur du film, soyez patient car il faut attendre la première moitié de celui-ci pour enfin voir les Ghostbusters sortir leurs canons à proton pour capturer un fantôme ! Avant ? du blabla et des scènes à rallonge pour présenter les personnages auxquels on a du mal à vraiment s’intéresser.

Quand on est trop nostalgeek

Le film est un reboot de la saga donc l’équipe originelle n’existe pas dans le lore du film. Cependant les scénaristes ont tellement passés de temps à balancer des caméos ou des clins d’œil que cela semble être une excuse pour dire « Regardez, on est fans de la saga, donc on va casser la baraque ! »…

Alors oui on nous montre tous ce qui fait le sel de la marque : la caserne de pompiers, le logo, Bouffe-Tout et aussi l’apparition de Bill Murray, Dan Aykroyd et d’Annie Potts qui incarnait la secrétaire à grosses lunettes de l’équipe. Mention spéciale à l’intervention de Dan Aykroyd qui a vraiment le mérite de faire sourire.

Cela nuit complètement au film qui ne peut s’émanciper du poids de ses illustres aînés. Il perd tout intérêt au fur et à mesure car il n’a cesse de se comparer à ceux de 1984 et 1989. On en revient à un problème récurrent du cinéma actuel qui ne cesse de nous proposer des reboots ou des suites de cartons de notre enfance. Où sont les films originaux qui pourraient devenir à leurs tours cultes ?? Je pense que je dédierais un article à ce sujet plus tard.

Conclusion

Bref, si vous aimez Ghostbusters 1 & 2, je vous déconseille fortement d’acheter le Blu-ray ou de le louer sur une plateforme en ligne. Au contraire, rematez vous l’oeuvre originale qui reste bien plus fun que cette version. Pour les autres, c’est vraiment à vos risques et périls, mais je vous conseille quand même de regarder les aventures de l’équipe originale. Car si on devait résumer la sensation que l’on a après avoir vu ce reboot : « On est venus, on l’a vu, il en a eu dans le cul ! » Dr Peter Venkman – 1984.

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