Muse : The 2nd Law9 min read

Le nouvel opus du groupe anglais Muse sort lundi 1er octobre et en exclusivité le groupe offre la possibilité d’écouter ce disque sur internet.

En France c’est le site du Parisien qui a bénéficié de cette exclusivité et en tant que grand fan de la bande à Bellamy, je me suis rué sur cette page internet pour écouter le précieux sésame. Voici d’ailleurs l’adresse pour écouter l’album : Streaming de The 2nd Law

Muse avait annoncé après la sortie de “Resistance”, une de leur meilleure production avec l’inégalable Origin of Symetry et l’excellent Absolution, vouloir s’écarter de ce rock grandiloquent pour retrouver un musique plus “intimiste”. Rassurez-vous Muse ne fera jamais du Louis Chedid et les premiers morceaux dévoilaient une volonté de s’orienter vers d’autre styles tout en conservant une patte qui fait mouche depuis maintenant 13 ans.

Mais trêve de galéjades et écoutons un peu ce que donne cet album !

Supremacy
L’intro du titre ressemble à un bon vieux blues rock avec des cordes qui donnent un aspect “Kashmir” au morceau. Dès le couplet, les guitares se taisent pour jouer un thème presque “James Bondien”
Un pont similaire à l’intro fait irruption après un cri bellamiesque pour ensuite donner suite à un petit solo très lent reprenant l’air des paroles.
Le refrain n’est pas du tout épique, plus aérien mais très agréable. La fin de la chanson est tout ce qu’on aime, un rythme qui s’accèle, des guitares aux sons distordus rappelant ceux de Tom Morello (inspiration de Matthew Bellamy) pour finir sur le thème d’intro.

Madness
Madness fait assez office de OVNI dans la discographie du groupe du Devon. Proche d’une version plus électro de la chanson Supermassive Black Hole. Ici quasiment aucune guitare, mais une musique qui se limite à une basse synthé de Chris Wolstenholme et une batterie agrémenté de cordes aux sonorités un peu caraïbéennes très légères. La part belle est faite à la voix de Matthew Bellamy qui susurrerait presque ses paroles et des choeurs qui reprennent certaines bribes de mot avec un élan queenesque assez sympa. Bien sur Muse sans guitare c’est pas vraiment Muse et ici on trouvera aussi un solo très court mais efficace. Le final de la chanson prend une autre dimension, et Muse se rapproche de U2, le tout prend forme pour un final intense et presque sensuel (si vous avez vu le clip vous comprendrez la référence). On commence les premières notes de cette chanson avec de l’appréhension mais à force on apprend à l’apprécier à sa juste valeur.

Panic Station
Et là c’est le premier gros choc pour moi : Muse nous fait du INXS ! L’intro, le rythme mais aussi la voix, on se croirait presque revenu en pleine période des 90’s avec son lot déjections vestimentaires fluo mais où le rock savait se faire dansant et fun. Ici c’est un duo guitare et basse en slap hyper funky, la batterie de Dominic Howard est d’une simplicité mortellement efficace. Les choeurs sont plus discrets mais on croirait presque que le groupe a engagé des choristes sexy pour reprendre le refrain. N’espérez pas de gros riffs bien gras mais une chanson qui bouge qui ferait presque de Prince un vieux crouton. Vous l’écoutez et votre tête bouge toute seule. Simple, efficace, ça sent largement le gros tube.

Prelude
Prélude est un morceau symphonique qui faisait très joli et enlevé. On sent le désir de Bellamy de composer des musiques de films car on sent un fort potentiel cinématographique dans cette composition.

Survival
Tout le monde durant l’été 2012 a du entendre cette chanson puisqu’il s’agissait de l’hymne officiel des JO 2012. Cette chanson fait plutôt la part belle au piano et démontre une influence assez prononcée pour les chansons de Queen comme un mix de l’intro de Bohemian Rhapsody avec le côté plus rythmé de Killer Queen. On sent presque Matthew Bellamy se retient d’exploser pendant le premier couplet, et c’est le cas. La chanson prend une tout autre ampleur dès le premier refrain. Guitare tout dehors, basse lourd et profonde, batterie enérgique, chœurs que l’on croirait sortie de ceux de l’Armée Rouge. On retrouve le Muse grandiloquent qui émerveille sur scène et c’est un des rares morceaux qui arrive a se rapprocher de l’énergie monstrueuse qu’il dégage en live. Soyons claire c’est un morceau taillé pour les stades, rien que pour pouvoir scander en chœur “Fight ! Fight ! Win ! Win” comme on le faisait pour l’épique Knights of Cydonia.

Follow Me
Follow Me est assez étrange, le chant est sombre mais rehaussé par un synthé assez psychédélique similaire à celui de Bliss. L’entrée de la batterie et de la basse apporte un rythme plus électro qui ne ressemble pas à Muse. C’est une surprise assez déconcertante mais plutôt bien maitrisé. Un peu comme Panic Station, le groupe semble vouloir faire du neuf avec du vieux mais en mieux. Ce morceau est assez format radio et musicalement on pourrait presque croire que c’est du Lady Gaga avec ce côté lyrique en plus.

Animals
La première chose qui étonne dans ce titre c’est la forte similitude avec les morceaux de Radiohead, la petit mélodie entêtante qui tourne derrière en boucle, une basse très mélodieuse, une guitare qui joue des petits solos pendant tout le morceau. On dirait presque qu’ils sont au moins 6 dans le groupe ! Cependant le rythme de la chanson est étonnamment rapide. Le reste devient un peu plus rock, la guitare qui reprend la main mise sur le morceau avec un riff typique du groupe par dessus des cris de foule en fond. Dans son empreinte c’est une version plus énergique de Paranoid Android.

Explorers
Explorers ressemble aussi à du Queen, une petite mélodie ressemblant à une berceuse au piano toute simple mais c’est le chant qui fait surtout penser à Freddy Mercury. Les cordes apparaissent ensuite pour accompagner des accords au piano qui s’enchainent avec une montée crescendo. Le duo Howard-Wolstenholme entre en scène pour donner plus de rythme au tout. On retrouve plus un morceau pop mais qui serait la version piano de leur chanson “Soldier’s Poem” avec des élans du groupe Keane et leur chanson “Somewhere Only We Know”. Une excellente chanson brit-pop en soi.

Big Freeze
Un peu dans la veine de Panic Station, on retrouve des élans 90’s au morceau. La chanson est presque kitsch dans le bon sens sur son intro. Pour le reste on retrouve un morceau assez funky avec ses petites nappes de synthé et ses chœurs assez typique de l’époque. Mais ici on met plus en avant le côté expérimentation de l’époque avec le mélange guitare-synthé. Le refrain est le parfait exemple où Bellamy semble répondre littéralement au choristes. Un bon petit solo rajoute sa touche sur ce morceau qui semble vouloir faire avant tout danser.

Save Me
La grosse révolution vient de ce morceau car Matthew Bellamy ne chante pas mais bien Chris Wolstenholme. La chanson composée par lui-même est très lente, arérienne avec cet entremêlement d’arpèges et d’accords rehaussés de delay. Le reste s’enchaine sur une accélération des mélodies, le chant étant assez monotone mais surprenant au vue de la voie du grand gaillard de bassiste. La chanson est plus dans une veine Coldplay très douce avec un refrain plus “pêchu” où les nappes de cordes viennent donner plus de corps. Ici aussi des côtés Radiohead de la période “The Bends” pointent le bout du nez. Une chanson pas désagréable mais un peu monotone.

Liquid State
Ah enfin un morceau qui s’annonce bien rock et énergique, l’intro ferait presque penser à du Queen of the Stone Age ou du Foo Fighters. Un riff bien lourd et gras avec une basse-batterie énergique et simple. Encore une fois c’est Wolsentholme qui chante et c’est un genre dans lequel sa voix est plus à l’aise, il aurait presque des réminiscences de Dave Grohl. La chanson est plutôt simple mais diablement efficace, il faut dire que c’est le seul gros morceau rock et il fait parfaitement son boulot. Muse qui fait du Stoner et qui brille encore ! 

Unsustainable
On arrive sur le premier des deux morceaux instrumentaux de l’album. Ici rien de bien nouveau car il s’agit de la musique qui accompagnait le teaser de l’album publié sur Youtube. On retrouve une œuvre plus dramatique dans l’intro, taillé pour un moment d’émotion dans un film surtout du à la voix féminine qui semble énoncé les mauvaises nouvelles lors d’un JT. Une rupture avec un moment de Dub-step ou une guitare très saturé est accompagné d’une sorte voix de robot. Le tout se met à se mêler ensemble assez dérangeant. Le titre se termine sur la voix robotique après des bruits de bug de réception comme pour annoncer la fin d’une ère. 

Isolated System
Et voici enfin le dernier morceau de l’album. On commence par une petite mélodie entêtante et assez aérienne qui pourrait presque faire penser à celle de l’Exorcisme dans une moindre mesure. La basse fait ensuite son entrée accompagnée d’une batterie réduite à sa plus simple expression. Des conversations radio se font entendre pour ensuite juste laisser place à la mélodie. Le tout donne réellement un aspect de fin du monde très réussi. Le retour du duo rythmique se fait aussi de petits chœurs et d’autres couches instrumentales par dessus pour se couper net pendant que l’on entend une voix féminine saccadée.

Il n’est pas évident de juger la qualité des morceaux dès la première écoute d’un album. Après tout la musique est faite pour nous imprégner petit à petit. Mais cet album de Muse est vraiment de très bonne qualité. De même on a une réelle volonté de prendre des risques, de tester des choses nouvelles, avec réussite ou pas c’est à vous de juger. Pour ma part je suis agréablement surpris et comme tout bon fan du groupe, je me l’achèterais dès lundi prochain 😉

Monkey D Kito, blogueur de niveau 1

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager sur vos réseaux sociaux, ça ne prend pas beaucoup de temps et ça m’aidera beaucoup à faire vivre ce site. Et dans le meilleur des cas, un petit commentaire est toujours le bienvenu ^^

Si vous avez aimé cet article, n'hésitez pas à le partager ! Merci 🙂