Skyfall : James Bond au service de (sa) M(ajesté)6 min read

Vous ne le savez surement pas, mais je suis un grand fan de la série des James Bond. Du moins les films, je n’ai pas encore plongé dans les bouquins de Sir Ian Fleming (d’abord il faut que je finisse ma collection de ceux de James Ellroy !). En ce samedi après-midi, j’ai eu le plaisir d’aller voir Skyfall au cinéma, et je dois dire que ce film ne m’a pas laissé indifférent !

“Tada Tada Tadadaaa Taaadaaaa Dadadaaa”
Depuis Casino Royale et l’arrivée d’un nouveau 007, Daniel Craig, on sent une volonté de casser les codes des films qui s’étaient, au fur et à mesure, détournés de l’histoire de Fleming. Je dois avouer que je fut un des premiers à conspuer Craig lors de l’annonce de l’obtention du rôle : “un James Bond blond ??? hérésie !!” Mais Casino Royale me fit complètement changer d’avis. Même si l’acteur apporte un nouveau vent de fraicheur dans la licence, la qualité des derniers films ressort d’une volonté saine : le retour aux origines.
Pour expliquer cela, il faut se pencher sur les anciens films et surtout l’image qu’ils ont laissés au public. Si vous interrogez une personne sur la série, quels sont les mots qui définiraient l’espion au service de la Couronne ?? C’est simple : femmes, gadgets…
Or après avoir beaucoup lu sur les origines des bouquins et sur Bond lui-même (merci Wikipédia !), on se rend compte que 007 n’est pas ce personnage séducteur, fan de gadgets et ces petits jeux mots so british à chaque ennemi tué. Non ! Fleming a crée un espion violent, froid, un vrai tueur, une brute épaisse, limite alcoolique qui évoluera certes au fil du temps pour devenir ce personnage mondialement connu mais on ne change pas les habitudes d’un soldat…
Et avec Daniel Craig, on retrouve cela, rien que physiquement. Par rapport à son prédécesseur qui mis à part durant Goldeneye s’était sévèrement encrouté et manquait clairement de testostérone il faut l’avouer. Ce nouveau 007 conserve son attitude de séducteur mais cet aspect trop mis en avant avec certains acteurs tels que Roger Moore, trop gendre idéal à mes yeux pour avoir le permis de tuer, est présent avec subtilité et cet humour infaillible inégalable. Après tout les James Bond sont des films d’action avant tout, du grand spectacle, et tant qu’à faire, autant choisir un mec qui en impose.

Costard, petite Aston Martin, James Bond quoi mais il manque plus que le Walter PPK !
Mais revenons donc au coeur du sujet de cet article : Skyfall. Ce film dénote assez par rapport aux deux précédents tout en conservant une certaine continuité. Etonnant à dire comme ça non ? Pas tant que ça. Casino Royale avait une vocation simple, être une mise en abime du tout premier roman de Fleming mais aussi proposer un film digne du bouquin. Car il faut savoir que la seule adaptation du livre était une comédie britannique avec l’excellentissime David Niven. Quantum of Solace est une simple suite directe racontant la vengeance de 007 suite à la mort de la “garce” Vesper Lynn. Ici Skyfall n’est pas du tout l’adaptation d’un livre où une autre suite. Il s’agit d’un reboot brillamment mis en scène.
Un reboot vous devez vous dire ? Comment faire un reboot au 3ème film avec le même acteur ? Bonne question. Cela est simple, l’idée est d’intégrer par petites touches à travers un scénario très intelligent des personnages clefs de la licence. De même certaines références aux anciens films veulent marquer avant tout la différence avec les prédécesseurs : le petit clin d’oeil à Goldeneye lors de la scène avec Q va devenir vite mythique ! 
Parlons donc de l’histoire sans spoiler bien sur. James Bond est déclaré mort après l’echec d’une mission qui visait à récupérer un disque contenant les informations sur des agents infiltrés dans des groupes terroristes. Il décide de reprendre du service lorsque celles-ci sont dévoilées sur Youtube et que M et le MI6 sont directement attaqué par un mystérieux ennemi. Bond va donc devoir enquêter sur le passé de sa chère patronne afin de la sauver, elle, et les services secrets britanniques.
Le scénario n’est peut être pas digne de celui de Bon baisers de Russie mais il est intelligemment construit. Le fait de se pencher sur l’histoire de M, personnage emblématique de la série et encore plus charismatique grâce à Judi Dench, offre un axe de progression vraiment très intéressant de l’univers de Fleming.

Même avec une coupe de cheveux aussi ridicule, Bardem a l’aura d’un vrai vilain !

Bien sur un James Bond oblige d’avoir un méchant face à l’espion. Et pour ce coup là le choix de Javier Bardem est une idée de génie. Enfin un rival tout aussi dangereux et violent que l’est Bond. Normal (Attention spoiler !!!!!!!) il s’agit d’un ancien agent 00 ! Cela dénote totalement des anciens “bad guys” comme Jonathan Pryce qui incarnait la version maléfique de Steve Jobs (hé oui ! Regardez le film et vous vous rendrez compte de l’inspiration)… Et n’oublions pas que l’ami hispanique est coutumier de ce genre de personnage, rappelez vous de son rôle dans No Country For Old Men. Mais après un Mathieu Almaric un peu anecdotique pour un gros film d’action comme Quantum of Solace, le personnage de Silva permet de contraster le rythme du film plus lent et moins flamboyant de Skyfall.  En fait n’attendez pas des explosions et des gunfights à tout bout de champ. Seul l’intro et le final du film sont réellement tournés vers l’action pure et dur mais avec sobriété et justesse (film britannique oblige).

Cette 23ème aventure cinématographique de Bond est surtout une histoire d’amour. Mais pas n’importe quel type d’amour. Ici toute l’histoire est orientée sur le lien entre M, 007 et Silva. Triptyque “amoureux” entre une “mère” et ses deux “fils” est vraiment appréciable. Après tout M a toujours eu l’amour vache avec Bond et le film dévoile plus sur les liens et le respect et la tendresse qu’ils ont l’un pour l’autre.

Mais que dire de plus ? Si vous êtes un fan de James Bond, courrez au cinéma pour découvrir cet excellent film et vous faire votre avis. Pour ma part, il est en 3ème place derrière les indétrônables Bons Baisers de Russie et Au service de sa Majesté. Pour les autres, si vous aimez les bons films d’action/espionnage, les traits d’humour savamment dosés, vous passerez un très bon moment. Mais ce film là, en entrant au panthéon de la série nous rappelle une chose : que les diamants sont éternels.

Monkey D Kito, blogueur de niveau 1

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