Spartacus : Blood and Boobs and a little bit more6 min read

Comment ne pas s’étonner que les séries américaines ou anglo-saxonnes soient les plus regardées au monde ? Bien sur les budgets sont totalement différents que ce que peuvent offrir les chaines françaises, mais l’argent ne fait pas tout.

Pourquoi leurs séries sont bien meilleures que les notres ? C’est très simple, c’est juste une histoire de “cojones” ! En France, on nous fait tout un cinéma lorsque Canal + lance une série un petit peu ambitieuse alors qu’en face toutes les chaines américaines nous en pondent au moins 5 par an… Le souci actuellement c’est qu’en France on pense tellement à contenter la ménagère de 50 ans et les ados attardés par des programmes merdiques que proposer des histoires originales sont impensables à mettre en place sur nos écrans. 
Heureusement on a quelques exceptions grâce aux projets des frères Astier (même si Hero Corp a failli définitivement passer à la trappe) ou de web-séries ambitieuses comme Le visiteur du Futur mais c’est encore trop peu…

Bref, parlons d’un série qui vaut vraiment le coup pour son audace : Spartacus.

 
Pourquoi “audace”? Tout simplement parce que la série est sans concessions. Réaliser une série autour du monde des gladiateurs romains n’est pas un mince affaire surtout lorsqu’il faut la diffuser à la TV.

La Rome antique était une époque où la violence et la dépravation était un mode de vie. Alors que maintenant la plèbe s’affaisse devant ses postes de télévision à regarder des émissions débiles, les romains préféraient se divertir en regardant des hommes s’entretuer. De même le sexe était omniprésent dans la société. A l’époque l’homosexualité n’était pas du tout un tabou et était même encouragé dans certaines classes sociales. Et ça se retrouve dans chaque épisode de la série, à un point où il m’est presque gênant de la regarder sur mon Archos dans le RER par peur de passer pour un pervers…On en revient de même à se demander si cette débauche affichée n’est pas un moyen de captiver le spectateur en exacerbant ses plus bas instincts.

Choisir le plus grand des gladiateurs comme héros d’une série implique donc une mise en exergue de la violence de l’époque. Et à ce niveau là, on est gâté ! Je crois n’avoir jamais vu autant d’effusion de sang de ma vie. Bien sur la série ne se résume pas uniquement à cela mais la violence prend une part importante du récit. Heureusement il y a une certaine volonté du réalisateur d’habiller le tout visuellement. Et ne nous mentons pas, Spartacus copie volontairement l’aspect visuel de 300 dans ses combats : ralenti avant un coup violent, membres qui voltigent, giclées de sang par litres, … Cependant il faut avouer que cette exagération scénique peut provoquer l’hilarité sur des effets spéciaux des fois un peu trop visibles ou de gerbes de sang ressemblant un peu trop à de la peinture rouge ce qui dénature le côté réaliste de la série.
Par ailleurs, si vous souhaitez profiter pleinement du spectacle, il faut absolument regarder la série au moins en 720p pour apprécier le travail de la direction artistique. Et tant qu’à faire la découvrir en Bluray avec une TV Full HD !

Mais cela n’est pas du tout un défaut car le propos est aussi profond que les plaies infligés par les gladius. J’ai été complètement bluffé par l’acteur Andy Withfield jouant Spartacus dans la saison 1. Oui je dis bien dans la saison 1 car depuis il est décédé suite à un cancer diagnostiqué après la diffusion de la série. Il apportait un aspect très dramatique au personnage tout en gérant parfaitement les scènes d’action. Hé oui, le plus connu des gladiateurs n’est pas qu’une brute épaisse dont le seul hobbi(t) (désolé pour le jeu de mot pourri) est de répandre le sang de ses adversaires sur le sable de l’arène. Non c’est avant tout un homme qui se bat pour récupérer la femme qu’il aime et qui lui a été arrachée.
Au niveau des autres protagonistes, on ne peut que saluer John Hannah, plus connu pour son rôle du beau frère roublard dans les films de la Momie, qui campe un Quintus Lentulus Batiatus des plus machiavélique et exécrable au plus au point. Le couple qu’il forme dans la série avec Lucy Lawless alias Lucretia (Xena la guerrière) ferait presque passer les Borgia pour des enfants de choeurs !

Grand amateur d’histoire et surtout de la période de l’Antiquité, je suis assez tatillon lorsqu’il s’agit d’adapter des grands récits de cette époque. J’ai par exemple été plus qu’outré après avoir vu les films Le choc des Titans ou Les Immortels qui frôlent l’insulte suprême aux dieux de l’Olympe. Heureusement la plupart du temps les séries télévisées se forcent toujours à rester le plus fidèle possible à l’Histoire tout en développant des trames assez libres pour captiver l’audience. A pour l’instant on ne peut qu’être satisfait du tout, la saison 1 est assez fidèle à la légende de Spartacus. Il faut voir si les saisons suivantes garderont la même qualité d’écriture et le respect de la vie de ce personnage hors du commun.

Si vous êtes amateur d’Histoire, que vous souhaitez voir une série sans aucune concession, qui dépeint un tableau très fidèle de la société romaine à la fois sophistiquée mais aussi plus sauvage et immorale que l’étaient certaines “barbares”, plongez vous dans ce voyage temporel enivrant. Bien sur pour cela il faudra faire abstraction des boobs et giclées de sang un peu trop présent à certains moments pour profiter d’un fond pourtant si bien écrit. Agrémentez en plus cela d’une réalisation de haute volée malgré un peu trop de suffisance à certains moments ainsi que de petits ratés et vous obtiendrez un conte violent, sombre, sensuel… mais avant tout humain. Car Spartacus n’est pas simplement l’histoire d’une légende, mais simplement celle d’un homme qui s’est battu pour sa liberté et celle des autres. 


Monkey D Kito, blogueur de niveau 1

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