True Detective : Bienvenue dans l’enfer des bayous5 min read

Il s’agit surement de LA série de ce début d’année 2014. Tout juste terminée et déjà élevée au rang de production culte pour de nombreuses personnes, True Detective, est un bijou télévisuel à lui tout seul pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord pour son casting qui s’offre le luxe de mettre en scène un duo d’acteur de renom : Matthew McConaughey, tout juste oscarisé pour son interprétation poignante de Ron Woodroof dans « Dallas Buyers Club » et Woody Harrelson. Ce dernier a toujours été, à mes yeux, sous estimé et cantonné à des rôles en raison de sa gueule particulière qui ne sied trop bien au rôle de détraqués ou de psychopathes.

Ces deux acteurs forment un duo totalement inattendu entre Martin Hart, stéréotype du flic limite alcoolique qui trompe sa femme et ayant des accès de violences faciles (Woody Harrelson) accompagné de Rust Cohle, ancien infiltré, ultra cartésien et misanthrope mais ayant une prédisposition à résoudre des énigmes (McConaughey). Clairement c’est le personnage de Rust qui est mis dans la lumière durant toute cette saison. Ces réflexions métaphysiques sur l’existence humaine qui rendrait la séquence de Matrix Reloaded avec l’Architecte digne d’un épisode de Dora l’exploratrice, son arrogance, son passé au sein des gangs de dealers sous couverture, la mort de sa fille, on s’attache rapidement à cet homme aussi brillant qu’insaisissable. A côté Hart, parait presque fade au premier abord alors que celui-ci fait office d’unique lien social auprès de son coéquipier, sa manière de voir la vie par son oeil de chrétien. Ses défauts assez stéréotypés digne d’un roman d’Ellroy ont pour effet d’humaniser Rust Cohle, de l’ancrer dans la réalité sociale.

Mais ces deux personnalités de la Criminelle que tout opposent se mue en complémentarité par le biais d’une enquête sur un meurtre mystérieux.
L’enquête justement est vraiment le troisième personnage dans cette série. Il s’agit d’une sorte de voile opaque teinté de mysticisme qui nous promène dans les décors sauvages de la Louisiane. La découverte du corps de Dora Lange est le point de départ d’un récit où religion et sectes se croisent au milieu d’actes macabres perpétrés dans le bayou. A l’image de l’enquête du Dahlia Noir dans le roman de James Ellroy (que je vous conseille fortement), ce mystère va pousser les deux détectives dans leur retranchements dans la quête de la vérité. Il est difficile de parler de cette enquête sans dévoiler des clefs de l’intrigue, je m’abstiendrais donc à ce sujet. Cependant elle est suffisamment bien construite pour tenir en haleine jusqu’au bout même si j’aurais une réserve à ce sujet. Le final de la série manque clairement d’éléments de réponse sur les mystères instaurés au fil des épisodes comme l’origine du « Roi Jaune » ou la signification de « Carcosa ».  Malgré tout il faut saluer l’écriture de Nick Pizzolatto qui a réussi à pondre une histoire de haute volée.
En parlant de l’histoire, il faut savoir que True Detective est une série d’anthologie, par conséquent, la saison 2, qui a déjà été confirmée, mettra en scène d’autres personnages, un autre décor et aussi une époque totalement différente.

Concernant l’époque, il est intéressant de voir que le récit est construit sur deux époques disctintes. Le « passé » au environ de 1995 lors de la découverte du corps de Dora Lange et après 2006 alors que les deux protagonistes ont quitté leurs fonctions dans la police pour des raisons diverses. On peut voir l’évolution des anciens flics qui semblent totalement avoir déclinés. L’exemple le plus frappant étant celui de Rust Cohle qui arbore un look de « redneck » et est devenu alcoolique tout en ayant conservé ses facultés intellectuelles uniques. La première époque permet de suivre l’enquête passé alors que le présent fait d’abord office de témoignage durant un interrogatoire des deux compères auprès des flics contemporains faisant un travail de reconstitution d’archives après l’ouragan Katrina.

Parlons maintenant de la réalisation, celle-ci est surement ce qu’il se fait de mieux à la télévision actuellement. La direction artistique est juste époustouflante, les plans, les décors, la mise en scène est clairement au niveau du cinéma. Tout cela s’exprime par l’incroyable plan séquence de 6 minutes dans l’épisode 4 qui participé grandement à la renommée de la production. C’est la patte de Cary Fukunaga qui sublime cette histoire de qualité. Petite déception : la saison 2 n’aura plus ce talentueux cinéaste aux manettes mais différents réalisateurs pour apporter leur vision à la nouvelle histoire.

Rares sont les séries policières d’une telle qualité, et si vous appréciez le genre je vous conseille fortement de découvrir cette anthologie. Certes le final un peu en deçà de la qualité du début peut donner un côté doux amer à cette première saison, cependant vous risquez de passer à côté d’un petit bijou que seul la télévision américaine peut nous livrer. Oubliez les Experts, NCIS ou autre séries du genre et découvrez une véritable enquête qui nous tient en haleine jusqu’au bout et servie dans le plus bel écrin qui soit.

Monkey D Kito, blogueur de niveau 1

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