Zulu : Chronique d’un pays au passé trop lourd3 min read

L’Afrique du Sud est à la mode cet hiver, deux films mettent à l’honneur (ou l’horreur dans ce cas précis) ce pays au passé trouble et encore vivace : Mandela, un long chemin vers la liberté et surtout Zulu.

Ce dernier est l’adaptation du roman éponyme décrivant la violence d’une contrée encore marquée par les traces des actes des afrikaners racistes et autoritaires qui dirigeait le pays durant l’Apartheid. Le film nous narre l’enquête de deux flics sur le meurtre d’une jeune femme blanche battue à mort qui est reliée à une sombre affaire de narcotique et d’arme chimique. Ce duo entre un zulu insomniaque qui a souffert dans sa jeunesse de l’oppression des blancs ayant choisi la voie du pardon et un flic blanc à tendance autodestructrice incapable de pardonner les actes de son père durant l’Apartheid. Cette affaire en lien avec les activités souterraines du gouvernement va pousser les protagonistes au bout d’eux-mêmes pour les mener en enfer.

Niveau casting, le duo Orlando Bloom et Forest Whitaker fonctionne à merveille. Bloom casse, pour notre plus grand plaisir, son image immaculée de l’elfe Legolas ou du pirate Will Turner pour nous dévoiler son côté sombre. On le découvre avec un look complètement « déglingué » accro à l’alcool, aux médocs et avec une vie familiale désastreuse entre son ex femme et son fils. Cela fait du bien de le voir interpréter un rôle plus « masculin » que ceux auxquels il était cantonné. Whitaker est, quant à lui, fidèle à lui même : puissant, émouvant, impérial, toujours dans la justesse. A mes yeux il fait partie des meilleurs acteurs de sa génération, surtout après la révélation qu’a été sa troublante et brillante interprétation d’Idi Amin Dada dans « Le dernier roi d’Ecosse ».

Mais au delà des personnages principaux, à l’image de cette nouvelle Afrique du Sud, ce film livre un tableau d’une nation où la violence, la haine, les inégalités sont toujours présentes malgré la volonté de pardon instauré par, feu, Nelson Mandela. Voir ces communautés vivre quelque peu dans une telle indifférence et surtout dans une hypocrisie nationale démontre les cicatrices encore béantes avec lesquels vivent les sud-africains qu’ils soient blancs ou noirs.

La réalisation est vraiment très sobre et met en avant la dualité de la vie entre les bidonvilles essentiellement occupés par les natifs tandis que les quartiers résidentiels de luxe sont à dominance blanche. Les scène de violences sont sans concessions, elle démontre la brutalité ambiante d’un pays au bord de l’émeute généralisée (La mort de Mandela pourrait malheureusement précipité cela dans les prochains mois) ou certains crimes sont le pain quotidiens des habitants. Le tout est, quand même, mis au service d’une histoire de qualité, poignante, haletante qui nous pousse réellement à réfléchir sur les actes des hommes envers leurs semblables pour des raisons aussi futiles que leur couleur de peau. Cependant par rapport au bouquin qualifié de « dur à lire » en raison de ses scènes difficiles pour beaucoup, le film semble offrir une version plus digeste pour nous maintenir sur l’histoire.

Zulu est un excellent thriller, poussant à la réflexion, à l’introspection, il nous livre une facette de ce qu’il peut y avoir de pire chez l’Homme mais aussi ce qu’il peut y avoir de meilleur au beau milieu de l’enfer. Le casting est juste au petit oignon et l’histoire nous prend aux tripes sans concessions pour nous livrer son final explosif. Un film à absolument voir au cinéma.

Monkey D Kito, blogueur de niveau 1

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